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Infections urinaires : mieux vaut prévenir que guérir

Infections urinaires : mieux vaut prévenir que guérir

Les infections urinaires ne devraient jamais être perçues comme de simples incidents malchanceux. Bien au-delà de la présence de bactéries, leur apparition révèle souvent un déséquilibre plus profond du corps. Aujourd’hui, on sait que la prévention efficace des infections urinaires repose sur une approche globale qui harmonise hygiène de vie, alimentation et une supplémentation ciblée. 

Parce que l’infection demeure la principale pathologie évitable du système urinaire, de petites habitudes quotidiennes peuvent faire toute la différence. En comprenant mieux les mécanismes en jeu et en adoptant une approche préventive, il devient possible non seulement d’apaiser les symptômes récurrents, mais aussi de renforcer durablement la santé urinaire. 

Comprendre l’origine pour mieux prévenir 

Les infections urinaires surviennent le plus souvent lorsque des bactéries intestinales, principalement E. coli, colonisent l’urètre puis remontent vers la vessie.1

Les femmes sont plus souvent touchées par des infections urinaires parce que leur canal urinaire est plus court et se trouve près de l’anus, ce qui permet aux bactéries de mieux s’y introduire.  2

Après la ménopause, la baisse d’œstrogènes augmente le pH vaginal et favorise la prolifération de certaines bactéries.3 

Le stress peut contribuer aux infections en contractant les voies urinaires et en perturbant les mécanismes naturels d’évacuation.4

Les gestes simples qui changent tout 

Maintenir de bonnes habitudes et une hygiène adéquate est essentiel pour prévenir les infections urinaires récidivantes. 

Hydratation et habitudes urinaires 

Boire suffisamment d’eau est essentiel, car une bonne hydratation augmente la quantité d’urine produite, aide à éliminer les bactéries et limite leur remontée dans les voies urinaires. Chez les femmes préménopausées consommant moins de 1,5 L par jour, ajouter 1,5 L d’eau quotidienne a montré une diminution notable des infections urinaires récidivantes.5 Il est également important de ne pas se retenir d’uriner et de vider complètement la vessie.6

Hygiène personnelle et sexuelle  

•  Il est primordial de s’essuyer d’avant en arrière afin d’éviter la contamination bactérienne.7

• Idéalement, porter des sous‑vêtements en coton. Éviter les vêtements trop serrés ainsi que les tissus synthétiques qui emprisonnent l’humidité.8 

• On évite aussi l’usage de produits fortement parfumés (parfums intimes, douches vaginales, savons parfumés, lingettes parfumées) dans la zone génitale, car ils peuvent irriter la muqueuse urinaire.9 

•  Il est conseillé d’éviter le rasage ou l’épilation du pubis, car les micro‑lésions créées favorisent la propagation des bactéries. Ces poils sont présents pour une raison : empêcher l’entrée de débris et de pathogènes dans la zone uro-génitale.10 

• Il est important d’aller aux toilettes avant et immédiatement après les rapports sexuels. Boire de l’eau juste après est également recommandé.11  

Alimentation et gestion du stress 

Adopter une alimentation riche en céréales complètes, légumes et protéines végétales, tout en limitant les aliments acides, l’alcool, le café, le chocolat, l’excès de sel, les sucres raffinés ainsi que les grandes quantités de viande et de produits laitiers, aide à préserver la santé urinaire. Le sucre blanc raffiné est particulièrement à éviter, car il réduit l’efficacité des approches naturelles et peut favoriser l’adhésion bactérienne.12

Il peut être pertinent de pratiquer des techniques de gestion du stress, comme l’activité physique et les exercices de relaxation, afin de stimuler le système immunitaire et de soutenir la santé globale du système urinaire.13

Les incontournables de la prévention naturelle 

Plusieurs substances naturelles sont traditionnellement reconnues pour prévenir les infections urinaires. 

Canneberge (Vaccinium spp.) 

Les substances présentes dans la canneberge empêchent les bactéries de s’accrocher aux parois de la vessie et de l’urètre.14 En empêchant cette fixation, la canneberge diminue le risque d’infection et aide le corps à l’éliminer plus facilement .1516

En fait, beaucoup de bactéries responsables des infections urinaires utilisent de petites pattes appelées fimbries pour s’accrocher à la paroi de la vessie.17 La canneberge contient des composants qui se fixent à ces fimbries, ce qui empêche les bactéries de s’attacher à l’urètre ou à la vessie.18

La canneberge contient des substances qui imitent la glycoprotéine humaine de Tamm‑Horsfall, une protéine naturelle présente dans l’urine qui piège les bactéries afin qu’elles soient éliminées lorsqu’on urine.19

Le fructose contenu l'extrait canneberge pourrait également influencer l’adhésion des bactéries aux parois de la vessie.20 

Une étude a montré que la canneberge réduisait significativement les récidives d’infections urinaires chez les femmes en bonne santé présentant des cystites (IVU) récurrentes.21

D‑Mannose 

Ce sucre monosaccharide agirait en inhibant l’adhérence bactérienne grâce à un effet de « leurre ». Il imite la paroi de la vessie, poussant les bactéries à se fixer au D‑mannose présent dans l’urine plutôt qu’à la muqueuse vésicale, ce qui permet leur élimination.22 

Le D‑mannose est généralement absorbé en moins de 30 minutes puis excrété directement dans les voies urinaires, où il peut exercer son effet.23

Vitamine C 

Des apports quotidiens en vitamine C (500 mg à 1000 mg) participent au bon fonctionnement du système immunitaire. L’usage traditionnel de la vitamine C dans la prévention des infections urinaires est qu’elle agirait en empêchant l’alcalinisation de l’urine.24 

Reprendre le pouvoir sur sa santé urinaire 

Les infections urinaires sont souvent le reflet d’un déséquilibre plus large du corps. Comprendre leurs mécanismes, leurs facteurs déclenchants et les solutions naturelles disponibles permet de sortir d’un cycle de récidives trop fréquent. En combinant une hygiène de vie adaptée, une alimentation équilibrée, une gestion saine du stress et l’usage ciblé de suppléments, il devient possible de soutenir efficacement le système urinaire et de renforcer ses défenses naturelles. Adopter ces habitudes, c’est se redonner du pouvoir sur sa santé et son équilibre intime, un petit geste à la fois. 

Références

1. Roberts JA. Tropism in bacterial infections: Urinary tract infections. J Urol 1996;156:1552–1559

2. Dowling KJ, Roberts JA, Kaack MB. P-fimbriated Escherichia coli urinary tract infection: A clinical correlation. South Med J 1987;80:1533–1536.

3. Mody L, Juthani-Mehta M.  Urinary tract infections in older women: a clinical review. JAMA. 2014;311(8):844–54.

4. Elmer GW, Surawicz CM, McFarland LV. Biotherapeutic agents: A neg-lected modality for the treatment and prevention of selected intestinal and vaginal infections [review]. JAMA 1996;275:870–876.

5. Castle AC, Park A, Mitchell AJ, et al. Neurogenic bladder: recur-rent urinary tract infections—beyond antibiotics. Curr Bladder Dysfunct Rep. 2018;13:191.

6. Kim BR, Lim JH, Lee SA, Kim JH, Koh SE, Lee IS, et al. The relation between postvoid residual and occurrence of urinary tract infection after stroke in rehabilitation unit. Ann Rehabil Med. 2012;36(2):248–53.

7. National Clinical Guideline Centre (NICE). Infection: preven-tion and control of healthcare- associated infections in primary and community care: partial update of NICE clinical guide-line 2 (UK). 2012;10(139). https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/ NBK115272/.

8. Lansang RS, Krouskop AC. Bladder management. In: Massagli TL, et al., editors. eMedicine. 2004.

9. Goetz LL, Klausner AP.  Strategies for prevention of urinary tract infections in neurogenic bladder dysfunction. Phys Med Rehabil Clin N Am. 2014;25(3):605–18.

10. National Clinical Guideline Centre (NICE). Infection: preven-tion and control of healthcare- associated infections in primary and community care: partial update of NICE clinical guideline 2 (UK). 2012;10(139). https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/ NBK115272/.

11. Groen J, Pannek J, Castro Diaz D, Del Popolo G, Gross T, Hamid R, et al. Summary of European Association of Urology (EAU) guidelines on neuro-urology. Eur Urol. 2016;69(2):324–33.

12. Blatherwick NR. The specific role of foods in relation to composition of urine. Arch Intern Med 1914;14:409–450.

13.  Whitmore KE. Self-care regimens for patients with interstitial cystitis [review]. Urol Clin North Am 1994;21:121–130.

14.  Ofek, Itzhak et ai. "Anti- Escherichia Coli Adhesion Activity of Cranberry and Blueberry Juices." New England Journal of Medicine.Vol. 324, no. 22 (May 30, 1991): 1599.

15. Avron,J. et al. "Reduction of Bacteriuria and Pyuria After Ingestion of Cranberry Juice." Journal of the American Medical Association. 271 (1994): 751.

16. Sobota AE. Inhibition of bacterial adherence by cranberry juice: Potential use for the treatment of urinary tract infections. J Urol 1984;131:1013–1016.

17. Uehling, David T. "What Makes Bacteria Stick to the Bladder Mucosa." Journal of Urology. 140 (July 1988): 156.

 

18. Howell AB, Botto H, Combescure C, Blanc- Potard AB, Gausa L, Matsumoto T, et al. Dosage effect on uropathogenic Escherichia coli anti- adhesion activity in urine following consumption of cranberry powder standardized for proanthocyanidin content: a multicentric randomized double blind study. BMC Infect Dis. 2010;10:94.

19. Hess MJ, Hess PE, Sullivan MR, et al. Evaluation of cranberry tablets for the prevention of urinary tract infections in spinal cord injured patients with neurogenic bladder. Spinal Cord. 2008;46:622–6.

20. Toh S, Bonne Lee B, Ryan S, et  al. Probiotics [LGG-BB12 or RC14-GR1] versus placebo as prophylaxis for urinary tract infection in persons with spinal cord injury [ProSCIUTTU]: a randomised controlled trial. Spinal Cord. 2019;57:550–61. https:// doi.org/10.1038/s41393-019-0251-y.

21. Asma B, Vicky L, Stephanie D, Yves D, Amy H, Sylvie D.  Standardised high dose versus low dose cranberry proan-thocyanidin extracts for the prevention of recurrent urinary tract infection in healthy women [PACCANN]: a double blind randomised controlled trial protocol. BMC Urol. 2018;18(1):29.

22. Springer Nature Switzerland AG 2020 B. Yang, S. Foley (eds.), Female Urinary Tract Infections in Clinical Practice, In Clinical Practice, https://doi.org/10.1007/978-3-030-27909-7_8

23.Phé V, Pakzad M, Haslam C, et al. Open label feasibility study evaluating d-mannose combined with home-based monitoring of suspected urinary tract infections in patients with multiple sclerosis. Neurourology and Urodynamics. 2017;36:1770–5.

24. Castelló T, Girona L, Gómez MR, Mena Mur A, García L. The possible value of ascorbic acid as a prophylactic agent for urinary tract infection. Spinal Cord. 1996;34(10):592–3.

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